Bain Public

Bonjour, Si je n'étais pas habitée par une conscience, je serais la femme la plus heureuse de la terre Mais mes concepteurs du haut de leur chaire décidèrent de m'affubler d'un genre de virus qui se réveille au moindre soubresaut. Donc pour faire une histoire courte: Alexandre Vialatte disait que la conscience comme l'appendice, ne sert a rien sauf a rendre l'homme malade

mardi, mai 31, 2005

Bette Rave

Il y a des jours comme ça, où la perfection nous prend d'assaut, comme si la paresse que l'on chérit tant n'offrait plus aucune résistance.



Certains paliers sont déja atteints sauf que dernièrement j'ai réalisé avec un pot au feu que certaines marches étaient plus difficiles que d'autres.

L'épreuve était pourtant simple, il me fallait attendrir Bette Rave, cette charmante beauté écarlate à la chair un peu coriace mais dans mon empressement à devenir une femme parfaite, j'ai oublié un petit détail.

Cette chère Bette possède une bio logique qui lui donne la faculté de saigner à distance pendant son agonie et par le fait même transforme votre cuisine immaculée en scène de crime crapuleux.

Quand j'ai déposé Bette dans son linceul vinaigré et que les murs pleuraient des larmes de sang, je me suis dit;"Est-ce vraiment nécessaire de faire des marinades pour devenir une femme parfaite?"

jeudi, mai 26, 2005

En cette journée froide, réminiscence

Je suis habitée par des idées fixes, elle se manifestent chacunes dans des périodes différentes de l'année.Et avec le temps j'ai compris qu'il ne servait a rien d'essayer de résister, elles sont là pour y rester.
Ce matin là,un 8 décembre, l'idée émergeante dictait à mon corps d'aller acheter un sapin, l'idée n'avait aucune idée du niveau de fatigue de mon corps mais de toute façon elle s'en foutait, il devait suivre.

Nous sommes partis, l'idée et mon corps chez le marchand de sapin.L'idée choisit et le corps paya au marchant le sapin.
-"Ma p'tite madame, vous devez mettre un peu de Seven-Up dans l'eau".
-"Et pourquoi donc?"
-"Ché pas ma p'tite madame, mon grand-père disait ça et mon père aussi faque moi aussi je le dis".

À chaque jours, il y a toujours une petite phrase qui semble très anodine pour les gens normaux mais qui pertube toute ma journée et j'avais le préssentiment que ça serait elle.
Nous sommes donc partis, mon idée,mon corps, mon sapin et mon préssentiment chez le dépanneur acheter un Seven-Up.Après 5 longues minutes d'hésitation devant les boissons gazeuses, le corps commença à trépigner, le préssentiment s'enfuit dans l'oubli tandis que le principal concerné dormait sur le toit de la voiture, l'idée elle, n'arrivaitpas à choisir entre le Seven-Up diète et l'ordinaire.
Quand l'idée du sapin en pleine crise d'hypoglycémie le soir de Noel vint à l'idée de l'idée, son idée se brouilla, le corps le ressentit et vint à sa rescousse en prenant au hasard une bouteille et se rendit à la caisse pour payer.
L'idée le remercia de cette initiative.Une fois le sapin installé et décoré, je me suis félicitée de vivre en harmonie avec moi-même mais ce moment de paix intérieur ne dura pas longtemps.
Il y avait peut-être trop de Seven-Up dans l'eau ou trop d'eau dans le Seven-Up mais quoi qu'il en soit le sapin souffrait d'un hoquet violent et chaque contraction me déclarait la guerre en me bombardant de boules.Je connais qu'une seule façon de faire cesser le hoquet c'est de faire peur à la personne.Si un de mes enfants souffrait du hoquet, je courais après lui avec un long couteau dans les mains en criant comme une folle et chaque fois ça fonctionnait, le hoquet disparaissait.Mais comment faire peur à un sapin pour qui le processus de la mort est déjà commencé?J'ai avancé la télé devant lui et je lui ai fait écouter le film L'erreur boréale.
Le hoquet a disparu.

mercredi, mai 25, 2005

Le caméléon

Un caméléon qui dort sur le dos, au clair de lune, a-t-il le ventre étoilé?

mardi, mai 24, 2005

Les têtes suspendues (suite)



(FRANCHEMENT!!! Oseras-tu poster ce message?)




D'après la futurologue Mme le Bustier, certaines veuves joyeuses a la bourse plus lourde que leur conscience pourraient profiter de l'occasion pour enfin réaliser un fantasme. La vengeance et le pouvoir les porteraient à vouloir transformer l'image du défunt car nous savons tous qu'il est plus facile et beaucoup plus agréable d'aimer l'idée qu'on se fait d'une personne que la personne elle- même.
Pour appuyer mes dires, demandons à Mme Soubresaut veuve d'un mari volage de bien vouloir s'avancer dans le frigo;
Mme Soubresaut à l'air très hautain déambule dans les couloirs jusque là tout va bien,
oups elle hésite devant la tête de Elvis,osera-t-elle?
Non, elle se retienntttttttttttt!
Elle continue et arrive face a face avec son défunt...on ressent chez elle un peu de nervosité, remarquez son corps tout en sueur...ça y est elle craque!

Elle se dirige vers la cabine d'essayage avec dans une main le visage de son défunt et dans l'autre son petit caniche chéri.

Certaines lois nous interdisent de vous décrire la scène de la cabine d'essayage mais nos avocats dans un commun accord nous accordent le droit de vous décrire le bruit de cette scène.

Imaginez des mains qui façonnent une peau flasque..."slutch"..."glucht"...."glsluchts"...."slutch"......et imaginez aussi quelques petits grongnements à peine audibles.

Et après quinze minutes de bruits étranges, imaginez le rire d'une veuve enfin joyeuse!



dimanche, mai 22, 2005

Les têtes suspendues






Des chercheurs des États-Unis et des Pays-Bas ont affirmé être enfin prêts à effectuer la greffe d'un visage.Cette pratique aurait pour but de prendre le visage d'un donneur décédé et de le rattacher au crâne d'une personne. L'apparence physique d'un donneur de rein, de foie ou de coeur n'a pas d'importance, mais pour un donneur de visage, il me semble que j'ai le droit a un certain regard. Mais comment pourront-ils m'offrir ce privilège de choisir? J'imagine que pour un certain montant, je pourrai me promener dans un énorme frigo où des têtes suspendues sur des épaulières pivotantes attendent une épaule pour se faire soutenir dans une nouvelle vie. J'imagine aussi qu'elles seront classées par catégorie.

Catégorie A:
Visage parfait qui ne demande qu'un léger entretien journalier. Épilation au laser,garantie à vie. Maquillage léger, permanent.

Catégorie B;
Visage avec légères imperfections Doit visiter de temps en temps l'esthétique pour nourrir l'essence de sa beauté.

Catégorie C;
Visage avec imperfections sérieuses. Plaies sulfureuses (vestiges funèbres) Peau très fertile avec grains de beauté intégrés. Pilosité excessive qui demande deux fois par jour de passer un rasoir bien tranchant sans appuyer fortement pour éviter de revenir suspendu aux épaulières. Mais il y a pire, oublions toutes les catégories et imaginons dans cette froideur la tête suspendue de l'être aimé disparu...

Les écureuils et moi

À chaque année, au printemps je découvre un présent.Les écureuils pour me remercier de mon acceuil, emballent à l'automne un cadeau que la terre me déballe avec la fonte des neiges.Une année, j'ai eu droit à un noisetier qui fut materné par les érables comme s'il était des leurs.J'ai même eu droit à un chêne, un cadeau exceptionnel, combien de kilomètres ont-ils parcourus pour me l'offrir? Car ici, les jardins sont déchênés.Et cette année,( là, où il y a eu quelquefois des rêves et des intentions mais le manque de lumières et le terrain sablonneux repoussèrent toutes mes ardeurs), je découvre dans l'éclipse de mon jardin, le présent déballé.Des petites tiges sortent de terre et si j'étais habitée par une certaine folie je vous dirais que cela ressemble beaucoup à un rosier de roses de sable mais les racines cachées sous les feuilles mortes m'indiquent que je dois cacher ce fait au monde extérieur.

L"enfance abandonnée (suite)

Ici les images doivent être en noir et blanc et rouge!Quand nos parents décidaient de partir en voyage, ils me larguaient avec le reste de la progéniture chez Mère-Grand à la campagne.Et un matin très tôt entre le chant du coq et le beuglement des vaches, j'entends Mamie dire à Papi que les voisins Lesribs faisaient boucherie cette journée là.Ça y est! Une obsession s'empara de moi, celle d'aller espionner les voisins mais je devais avant, comme tous les matins, franchir la ligne ennemie qui est le gruau de Mamie.Vous ne pouvez imaginer la consistance de ce gruau, il avait la particularité de me faire envier le sort du p'tit chinois à qui on envoyait de l'argent à l'école.(Tu es trop jeune pourcomprendre mais quand on était jeune,on achetait un p'tit chinois à l'école).J'ai réussi à sortir de la maison et je me suis rendue chez le voisin et là bien cachée j'aivu une scène horrible, ils attachent les pattes de derrière du porc et le hissent dans les air la tête en bas et ensuite avec un couteau ils lui tranchent la gorge en prenant bien soin de receuillir le sang dans une chaudière.Et pendant tout ce temps le cochon crie, il crie! Il crie tellement fort que l'écho te reste dans la tête toute ta vie.

Je pense que je fus traumatisée par cette scène car quelques années plus tard j'ai entendu parler d'une nuit des longs couteaux et j'ai pas pu m'empêcher d'imaginer des milliers de Québécois suspendus par les pieds avec la gorge tranchée.

p.s le nom des voisins a été changé, le reste est véridique

L'enfance abandonnée

J'ai cinq ans, c'est ma première participation à un concert, la salle est magnifique, les gens sont tous bien habillés et moi j'ai une belle robe avec un ruban de satin à la taille et mes souliers brillent tellement que j'ose à peine bouger mes pieds. Je suis assise sur la chaise et j'attends mon tour, je ne suis pas nerveuse mais j'ai chaud, ça y est, c'est bientôt à moi, la salle est silencieuse, le maître de cérémonie me regarde et me fait signe,je me lève de ma chaise mais mes cuisses restent collées sur la chaise et ça fait un bruit énorme...tous les gens de la salle rient, ils rient!Je me souviens plus du reste mais ma performance devait être médiocre car quelques semaines plus tard mes parents dans un commun accord décidèrent de m'envoyer dans une prison à apprendre.J'ai pas beaucoup de souvenirs de la première année sauf celui de la lenteur,c'est long, tout est long.Je veux m'en aller! J'ai pas le temps de rester dans cette prison, je veux aller nager, je dois nourrir mes fourmis et mes chenilles, mon geai bleu m'attend pour manger dans ma main son raisin et je dois solidifier ma cabane...

2e année Dès le premier jour, le prof sait lire dans ma tête, toute l'année, elle m'envoie faire des commissions, je porte des messages dans les autres classes, je vais à la bibliothèque chercher des livres, je parcours les corridors de l'école seule!Je suis son petit rayon de soleil, qu'elle dit, et je brille de partout.

3,4,5e année
Je comprends le fonctionnement de cette prison et je ne suis plus capable d'y rester mais une chance mes ami((e)s du programme de télé "Les Champions" me tiennent compagnie, nous préparons des plans d'évasions et comme je connais les couloirs par coeur...

6e année 6e Ils décident de me mettre dans une classe pour enfants douées "Je ne suis pas douée,bande de cons! Je veux seulement aller plus vite"Mais oH! Surprise, le prof aime aussi aller vite et elle fait vite, elle explique, on comprend,elle vérifie et on passe à autre chose, ça y est je l'aime!Elle nous parle des ailleurs, on sort beaucoup, oui je l'aime!


La grosse mode virtuelle en ce moment est le blog.Un endroit où les gens se racontent.J'ai jamais très bien compris le pourquoi de ce besoin et j'ai décidé de tenter cette expérience pour mieux comprendre.J'imagine que les premiers pas pour bien réussir un blog sont de raconter nos souvenirs qui font de nous ce que nous sommes.Je viens d'une famille "normale" mais la normalité malgré les apparences peut être très relative et circonstancielle.Ma mère militait beaucoup pour les droits de la femme et disons que malgré mon jeune âge je ressentais le décalage entre la micro société dans laquelle je vivais et celle de l'extérieur mais le passage entre les deux mondes se faisait en douceur et sans malaise.Je me souviens d'une fois où une amie de ma mère est étendue sur le divan, elle se repose, elle vient de subir un avortement. Cette normalité arriva un peu plus tard dans le deuxième monde.Bon, bon, okay, je me dois d'être franche, après tout c'est mon blog.Oui, il est resté des questions sans réponses, comme cette femme sur le divan...pourquoi est-elle sur le divan et pas dans la chambre d'ami hein?....je ne peux écouter la télé!

















À chaque année à Pâques, nous allions chez mes grands-parents qui possédaient une érablière et une charmante cabane à sucre.Un cheval qui traîne sur un immense traîneau un gros baril de bois dans lequel on verse l'eau d'érable et cette cabane de bois où il suffisait d'ouvrir la porte pour voir et sentir le bonheur qui s'échappait d'un gros bouillon.Juste d'y penser, l'odeur revient.Mais une année, je me souviens plus pourquoi,nous sommes restés à la maison mais ma mère qui avait le don de transformer un petit rien en un évènement extraordinaire décida qu'elle ferait gouter de la tire aux enfants du quartier qui ne connaissaient pas ce petit bonheur."Joanne va remplir le bac avec de la neige propre"Joanne, Joanne, Joanne, c'est bien sur que c'est toujours Joanne carJoanne est l'enfant de la situation, l'enfant du milieu, ma soeur étant la plus vieille est beaucoup trop occupée a limer ses ongles et mon petit frêre est trop occupé a être petit.Vous avez déjà essayé de trouver de la neige propre à Montréal le week-end de Pâques?Le sirop bouillait sur la cuisinière et la nouvelle s'était répandue dans toutes les artères du quartier et il me semble que des milliers d'enfants armés d'une cuiller s'avancent.J'ai pas le choix, je dois aller derrière le hangar où le soleil ne se rend jamais mais où tous les chats du quartiers se rendentpour parler entre eux de leur dernier repas.La mission était simple, tamiser la neige, mettre de coté les substances solides, mettre d'un autre coté la neige jaune et mettre dans la bac la neige blanche.La mission fut une réussite totale, je suis revenue avec le bac rempli de neige "immaculée" et ma mère y versa le sirop bouillant.Les enfants du quartier étaient fous de joie et ma mère souriante. p.s. J'ai jamais dit à ma mère d'où provenait la neige mais ça fait du bien d'en parler



Ici, je veux une petite musique mélancolique et des images en noir et blanc.Nous sommes en 1964, j'ai 4 ans et je rencontre mon premier ami, Monsieur C, 70ans.Le jouet préféré de Monsieur C est un immense balai et pour l'accompagner dans son jeu, j'ai moi aussi un petit balai au manche rouge.Le jeu consiste à balayer le balcon,les marches, l'allée et le trottoir.Mais un matin Monsieur C n'est pas au rendez-vous et en serrant très fort mon petit balai comme si c'était mon courage je me rends chez lui pour le chercher.Sa femme ouvre la porte, elle est grande Madame C, je dois me casser le cou pour lui parler."Monsieur C est là?""Non, il est parti""Il est parti où?"Elle m'indiqua avec le doigt le bout de la rue.Je regardais le bout de la rue et je voulais y aller mais c'était loin le bout de la rue et j'étais jamais allée toute seule.Le temps a balayé son visage et son physique mais sa présence est toujours là."Remettez la couleur s.v.p. "p.s. Coudonc, dans un blog qui se respecte, on doit étaler combien de souvenirs avant d'arriver au présent?

Coule,coule

Coule, coule
Petit ruisseau,
coule, coule,
émerge de la forêt
de ta mère.

Coule, coule,
Petit ruisseau,
caresse terres.
traverse pierres
et tarde à rejoindre
la mer.