Bain Public

Bonjour, Si je n'étais pas habitée par une conscience, je serais la femme la plus heureuse de la terre Mais mes concepteurs du haut de leur chaire décidèrent de m'affubler d'un genre de virus qui se réveille au moindre soubresaut. Donc pour faire une histoire courte: Alexandre Vialatte disait que la conscience comme l'appendice, ne sert a rien sauf a rendre l'homme malade

dimanche, mai 22, 2005


La grosse mode virtuelle en ce moment est le blog.Un endroit où les gens se racontent.J'ai jamais très bien compris le pourquoi de ce besoin et j'ai décidé de tenter cette expérience pour mieux comprendre.J'imagine que les premiers pas pour bien réussir un blog sont de raconter nos souvenirs qui font de nous ce que nous sommes.Je viens d'une famille "normale" mais la normalité malgré les apparences peut être très relative et circonstancielle.Ma mère militait beaucoup pour les droits de la femme et disons que malgré mon jeune âge je ressentais le décalage entre la micro société dans laquelle je vivais et celle de l'extérieur mais le passage entre les deux mondes se faisait en douceur et sans malaise.Je me souviens d'une fois où une amie de ma mère est étendue sur le divan, elle se repose, elle vient de subir un avortement. Cette normalité arriva un peu plus tard dans le deuxième monde.Bon, bon, okay, je me dois d'être franche, après tout c'est mon blog.Oui, il est resté des questions sans réponses, comme cette femme sur le divan...pourquoi est-elle sur le divan et pas dans la chambre d'ami hein?....je ne peux écouter la télé!

















À chaque année à Pâques, nous allions chez mes grands-parents qui possédaient une érablière et une charmante cabane à sucre.Un cheval qui traîne sur un immense traîneau un gros baril de bois dans lequel on verse l'eau d'érable et cette cabane de bois où il suffisait d'ouvrir la porte pour voir et sentir le bonheur qui s'échappait d'un gros bouillon.Juste d'y penser, l'odeur revient.Mais une année, je me souviens plus pourquoi,nous sommes restés à la maison mais ma mère qui avait le don de transformer un petit rien en un évènement extraordinaire décida qu'elle ferait gouter de la tire aux enfants du quartier qui ne connaissaient pas ce petit bonheur."Joanne va remplir le bac avec de la neige propre"Joanne, Joanne, Joanne, c'est bien sur que c'est toujours Joanne carJoanne est l'enfant de la situation, l'enfant du milieu, ma soeur étant la plus vieille est beaucoup trop occupée a limer ses ongles et mon petit frêre est trop occupé a être petit.Vous avez déjà essayé de trouver de la neige propre à Montréal le week-end de Pâques?Le sirop bouillait sur la cuisinière et la nouvelle s'était répandue dans toutes les artères du quartier et il me semble que des milliers d'enfants armés d'une cuiller s'avancent.J'ai pas le choix, je dois aller derrière le hangar où le soleil ne se rend jamais mais où tous les chats du quartiers se rendentpour parler entre eux de leur dernier repas.La mission était simple, tamiser la neige, mettre de coté les substances solides, mettre d'un autre coté la neige jaune et mettre dans la bac la neige blanche.La mission fut une réussite totale, je suis revenue avec le bac rempli de neige "immaculée" et ma mère y versa le sirop bouillant.Les enfants du quartier étaient fous de joie et ma mère souriante. p.s. J'ai jamais dit à ma mère d'où provenait la neige mais ça fait du bien d'en parler



Ici, je veux une petite musique mélancolique et des images en noir et blanc.Nous sommes en 1964, j'ai 4 ans et je rencontre mon premier ami, Monsieur C, 70ans.Le jouet préféré de Monsieur C est un immense balai et pour l'accompagner dans son jeu, j'ai moi aussi un petit balai au manche rouge.Le jeu consiste à balayer le balcon,les marches, l'allée et le trottoir.Mais un matin Monsieur C n'est pas au rendez-vous et en serrant très fort mon petit balai comme si c'était mon courage je me rends chez lui pour le chercher.Sa femme ouvre la porte, elle est grande Madame C, je dois me casser le cou pour lui parler."Monsieur C est là?""Non, il est parti""Il est parti où?"Elle m'indiqua avec le doigt le bout de la rue.Je regardais le bout de la rue et je voulais y aller mais c'était loin le bout de la rue et j'étais jamais allée toute seule.Le temps a balayé son visage et son physique mais sa présence est toujours là."Remettez la couleur s.v.p. "p.s. Coudonc, dans un blog qui se respecte, on doit étaler combien de souvenirs avant d'arriver au présent?