La fontaine de Neptune

Il y avait une lueur dans la nuit, la noirceur tapissait tout le décor sauf qu'on aurait dit que le jour se levait à minuit derrière ma cour, c'était vraiment bizarre et il en fallait pas plus pour m'attirer.
On lésine pas avec la lumière, les insectes ont compris cela, elle peut parfois être notre salut ou un signe qu'une personne nous attend ou peut-être même une rencontre avec le troisième type mais je n'avais pas ressenti le besoin de dessiner une colline dans les derniers jours mais quoi qu'il en soit on y va pour voir enfin plus clair.
Donc, me voilà dans le parc à minuit le soir, il y a beaucoup d'agitation et j'entends à travers les branches qu'ils tournent une coproduction franco-québécoise sur Neptune.
C'est pas à tous les jours (ou à toutes les nuits) qu'un Dieu nous attire avec une lueur, alors je me suis laissée attirer et je me suis faufilée discrètement jusqu'à la rivière pour voir de mes yeux ce Dieu.
Bien cachée derrière les arbres, je me suis félicitée de ne pas souffrir d'embonpoint, car il y a plusieurs arbres montréalais qui souffrent d'anorexie et je me demande comment les enfants font pour jouer à la cachette mais bon, revenons à ce Dieu.
(à suivre)
Je disais donc que la nuit est belle, les petits oiseaux roupillent, le vent est immobile, les arbres s'abreuvent dans la rivière et moi je suis là, cachée à regarder dans la lumière, les humains qui jouent à faire semblant.
Une ombre quitta la lumière et s'avança vers moi, une ombre imposante aveuglée par la noirceur, elle s'avance tout près sans savoir que je suis là, elle est si proche que j'entends son coeur jouer du tambour et son sang couler dans ses veines.
L"ombre retourna dans la lumière et devint Junior dans les Bougon et je peux témoigner qu'il ne porte pas bien son nom et que les marguerites connaissent maintenant la Golden Shower.

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